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Découverte des cabanes de plage à l’occasion des journées européennes du patrimoine

Jean-François Seguin de l’association Les Amis de la Bibliothèque et Alain Laumaillé propriétaire de « Ma Cabane à la Plage » retracent l’histoire du site

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine des 21 et 22 septembre 2024, l’association Les Amis de la Bibliothèque a proposé la balade-découverte « Bons Baisers de St Jean ». En 10 étapes, les participants ont remonté le temps sur un bon siècle de manière originale : lecture des messages envoyés par cartes postales au début du XXème siècle et témoignages d’habitants.
Sur ces 10 étapes, une était programmée sur le site des cabanes de plage. Ces cabanes qui font partie intégrante du patrimoine de Saint Jean le Thomas nous racontent plus d’un siècle d’histoire de la station balnéaire.

Une histoire qui débute à la fin du XIXème siècle

Les premières cabines furent construites à la cale et dans les rochers à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème. Il s’agissait alors essentiellement de cabines de bains.
Avec l’instauration des congés payés en 1936, les constructions se sont multipliées le long des plages de Saint Michel et de Pignochet, devenant de véritables petites maisons de vacances. Parmi les pionniers, on comptait de nombreux ouvriers de la chaussure de Fougères.
Les familles bourgeoises, souvent parisiennes, qui avaient investit dans de somptueuses villas n’appréciaient pas beaucoup le développement des cabanes. Elles parlaient des « congés payés » pour qualifier leurs propriétaires. Peut-être même oeuvraient-elles en sous-main pour en limiter le nombre.
Néanmoins à la fin des années 60 le site comptait environ 140 bungalows, pour la plupart véritables petites habitations de loisirs équipées pour cuisiner et dormir, mais sans eau ni électricité.
Depuis les années 70, de nombreux bungalows ont disparu en raison du recul du trait de côte ou par démolition, leur propriétaire ne souhaitant plus les entretenir à une époque où leur vente était interdite. Il en reste aujourd’hui 72, datant pour la plupart des années 50, auto-construites par leur propriétaire ou construites en béton préfabriqué par l’entreprise Kopec de Pontaubault ou en bois par l’entreprise Leroux de Saint-Jean-Le Thomas.

Une histoire qui se poursuit

Depuis 2020, les bungalows peuvent être vendus. Auparavant ils ne pouvaient qu’être transmis en famille. Depuis cette possibilité de vente, 33 bungalows sur 72 ont changé de propriétaire.
Les murs doivent être peints en blanc et les toits doivent être de couleur ardoise ou gris ciment naturel. La couleur des volets est librement choisie. Les agrandissements, constructions d’auvents et de terrasses sont interdits.

D’autres stations de notre département ont des cabanes de plage. Mais il s’agit le plus souvent de cabine de bains. Celles de St Jean présentent la particularité d’être habitables. C’est pourquoi nous parlons plutôt de bungalows. Les propriétaires ne sont pas propriétaires du sol, les bungalows étant posés sur les terrains mis en concession par la commune. Cette concession donne accès à des blocs sanitaires réservés aux résidents des bungalows et dont l’entretien incombe à la commune.

La plupart des bungalows sont occupés exclusivement par leurs propriétaires et leur famille et amis. Quelques uns sont mis en location à la nuit ou à la semaine ; c’est amusant de constater que ces bungalows construits dans les années 50 par des gens de proximité font le bonheur de locataires venus des 5 continents, attirés par le site exceptionnel, le Mont Saint Michel et le caractère insolite du logement.
L’histoire des cabanes continue…

Daniel Caillebotte président de l’association des propriétaires de bungalows (à droite) et Alain Laumaillé vice président (à gauche)
Pendant la lecture d’une carte postale envoyée par un touriste séjournant dans une cabane en août 1916